Le Hovermap HF1 (en haut à gauche) ou VF1 (en bas à gauche) sont attachés à un c-drone pour générer une carte de points LiDAR 3D telle qu'un tunnel (à droite). Image : Emesent

L’australien Emesent lance la charge utile pour drone Hovermap au International LiDAR Mapping Forum

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Emesent, une start-up basée à Brisbane, en Australie, a lancé Hovermap, un appareil de balayage de nuages de points 3D LiDAR (détection et télémétrie par laser) destiné aux c-drones professionnels, au International LiDAR Mapping Forum (ILMF) à Denver, Colorado, le 29 janvier.

La capture LiDAR par drone permet un balayage numérique 3D précis des caractéristiques d’une zone (structures, topographie, végétation) et est bien adaptée aux tâches « 3Ds » (« dirty, dangerous and difficult » soit sales, dangereuses et difficiles), éliminant les risques pour les travailleurs inspectant infrastructures ou mines. Une carte 3D chargée dans un ordinateur permet à un inspecteur d’explorer une représentation virtuelle d’une zone.

Disponible en deux versions — le HF1 optimisé pour l’inspection des actifs souterrains et verticaux et le VF1 optimisé pour la cartographie de grandes zones — un Hovermap se fixe sous n’importe quel drone VTOL (Décollage et atterrissage verticaux) capable de soulever la charge de 1.8kg (4 lb) pour la cartographie passive en vol piloté manuellement ou le long de points de cheminement GPS. Cependant, en mode autonome lorsqu’il est associé à un drone compatible avec le pilote automatique A3 Dà-Jiāng Innovations (DJI), tels que les modèles M600, M200, M210 ou Wind4, le Hovermap offre une fonction anticollision omnidirectionnelle et peut être survolé facilement et en sécurité à proximité d’infrastructures telles que des bâtiments, pylônes et tours, ainsi que dans les environnements sans signal GPS, tels que sous les ponts ou à l’intérieur. Les c-drones compatibles Hovermap sont particulièrement adaptés aux inspections de tunnels et de mines. La localisation et la cartographie simultanées (SLAM) signifient qu’une zone est balayée par le Hovermap et simultanément stockée à bord et communiquée au pilote automatique du drone, créant une « bulle virtuelle » parametrable sans nécessiter de GPS ; le drone peut détecter et éviter les obstacles fixes. Les données de nuage de points sont stockées dans Hovermap aux formats LAZ et PLY, puis déchargées sur un ordinateur local pour pouvoir être importées dans tout progiciel tiers de systèmes d’information géographique (SIG).

Hovermap a d’ores et déjà été largement utilisé dans des missions d’analyse en situation réelle par des clients pionniers en Australie, aux États-Unis, au Canada, en Chine et au Japon pour l’inspection et la cartographie dans les mines (en surface et souterraines), les infrastructures pétrolières et gazières, les tours de télécoms et de transport d’énergie, et des ponts, des routes et des tunnels.

Emesent a été fondée par d’anciens employés de la division de technologie Data61 de la CSIRO (organisation de recherche scientifique et industrielle du Commonwealth), l’agence de recherche scientifique nationale australienne. En décembre, la société a annoncé un investissement de 3,5 millions de dollars australiens (2,5 millions USD / 2,2 millions EUR) pour commercialiser le Hovermap du programme national pour l’innovation et la science (NISA) du gouvernement australien par l’intermédiaire de son fonds de capital-risque Main Sequence Ventures. Le programme ON Accelerate de CSIRO a également fourni un soutien.

La branche Data61 du CSIRO, en collaboration avec Emesent, a été sélectionnée parmi les sept finalistes à remporter un financement dans le projet Défi souterrain de l’Agence américaine de défense des projets de défense (DARPA) avec un prix de 2 millions USD (1,7 millions EUR) ; CSIRO est le seul participant non américain. L’objectif du concours est de développer de nouvelles approches permettant de rapidement cartographier, naviguer et rechercher des environnements souterrains. Il y a un an, Emesent a utilisé Hovermap pour envoyer un c-drone de manière autonome BVLOS (au-delà de la ligne de visée visuelle), à travers une mine d’or située dans l’ouest de l’Australie, à des centaines de mètres sous terre, effectuant la cartographie 3D dans des cavités ou des chambres d’excavation appelées gradins [vidéo].

La société ne publie pas de tarification standard pour Hovermap, bien qu’elle indique toutefois que les clients doivent régler un coût initial puis un abonnement mensuel pendant deux ans minimum, couvrant le matériel et les logiciels (autonomie du drone et SLAM), y compris les mises à jour logicielles. Une mise à jour majeure prévue pour cette année permettra des inspections totalement autonomes via des points de cheminement définis dans un scan existant ; cela signifie qu’après un premier balayage piloté (avec prévention des collisions), les balayages suivants peuvent être effectués de manière autonome, ce qui permettra de signaler les modifications entre les balayages. Selon la société, le logiciel permettra éventuellement au c-drone de « découvrir » un espace clos de manière autonome, en balayant et en cartographiant pour naviguer avec succès depuis son point de départ et au retour.