Le personnel du projet Skyways d'Airbus et de Wilhelmsen partage des sourires avec les membres de l'équipage du M/V Pacific Centurion au mouillage dans le port de Singapour après une première livraison par c-drone. Image : Wilhelmsen

Airbus livre du quai à navire à Singapour avec le c-drone Skyways

Logistique • fret • livraisons

Le projet Skyways, une collaboration entre Airbus et Wilhelmsen Ships Services annoncé en juin dernier pour tester les livraisons autonomes par c-drones au-dessus de l’eau et en milieu urbain, a fait sa première livraison du quai à navire dans le port de Singapour [vidéo].

Une variante du drone SN1 C1S d’Airbus a volé de manière autonome par temps clair, à 1,5km (1mi) de la Marina South Pier de Singapour, vers le pont arrière du M/V Pacific Centurion de Swire Pacific Offshore, un navire ravitailleur remorqueur releveur d’ancres (AHTS) de 86m (282 pieds) et 3332t. Le c-drone transportait une charge utile de 1,5 kg de composants imprimés en 3D provenant de la micro-usine in-situ récemment ouverte de Wilhelmsen/Ivaldi. Le drone, qui peut transporter une charge utile de 4 kg et voler avec un vent de 15 nœuds (28 km/h, 17mph), a effectué les deux étapes de la livraison et retour en moins de dix minutes.

Skyways est un « système de systèmes » dans lequel les partenaires jouent des rôles complémentaires. Airbus contribue à la conception et à la fabrication du drone, les stations de contrôle au sol, les systèmes de navigation aérienne et les procédures opérationnelles et de maintenance. Wilhelmsen, une des principales entreprises de logistique maritime et de services portuaires ayant son siège à Singapour, développe les services à la clientèle et la conformité des opérations de drones avec les réglementations de sécurité maritime pour le projet Skyways.

Wilhelmsen s’intéresse depuis plusieurs années aux services de drones pour son activité d’agence de navires. Il estime en 2017 que les c-drones peuvent réduire les coûts jusqu’à 90% avec un gain de productivité multiplié par six par rapport aux embarcations traditionnels pour la livraison urgente de documents critiques, de fournitures médicales essentielles, de kits de test d’eau ou de carburant, de petites pièces de rechange, de composants imprimés en 3D ou même d’argent liquide. La société estime que les économies réalisées dans le secteur des transports maritimes pourraient atteindre 675 millions de dollars par an, tout en réduisant les risques pour le personnel et en réduisant l’empreinte carbone.

Les types de navires ciblés pour les essais initiaux sont les navires de soutien offshore (OSV) et les vraquiers (Handymax, Handysize). Singapour est le deuxième port le plus achalandé au monde en volume de EVP (conteneur équivalent vingt pieds), selon le Lloyd’s List Maritime Intelligence, avec plus de 100 visites de navires par jour.

Airbus évite la difficulté de la gestion du trafic sans pilote (UTM ou U-space) en établissant des corridors aériens à travers lesquels les drones passent, en coordination avec l’autorité de l’aviation civile de Singapour (CAAS). Le projet Skyways fait partie de la stratégie d’Urban Air Mobility (UAM) d’Airbus.

La prochaine phase du projet Skyways impliquera la livraison autonome de colis aériens au-delà de la ligne de vision visuelle (BVLOS) dans un environnement urbain à l’Université Nationale de Singapour, où plusieurs stations de traitement des colis, notamment le National University Hospital, seront installées. Le campus est situé à environ 10km (6mi) de Marina South Pier.