Un flux vidéo en direct d'un c-drone a été transmis au poste de commandement du chef des pompiers lors de la bataille pour sauver Notre Dame. Image : Ministère de l'intérieur

Notre Dame de Paris : l’équipe c-drone de la police offre une vue d’en haut au chef des pompiers

Services d'urgence

Les pompiers qui ont sauvé la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi soir disposaient d’un outil moderne : un c-drone qui a survolé le feu, piloté par la police parisienne et coordonné au sol avec le chef des pompiers. Contactée, la préfecture de Paris n’a pas souhaité fournir des informations sur leur équipe de drones, invoquant des raisons de sécurité. Cependant, une source parisienne a confirmé au C-Drone Review que les drones du fabricant chinois Dà-Jiāng Innovations (DJI) avaient bien été pilotés par la police ; ceux-ci comprenaient au moins un modèle Mavic Pro.

Le lieutenant-colonel Gabriel Plus, porte-parole de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), a déclaré à la radio France Info quand l’incendie était maitrisé :

C’est grâce à ces drones, à cette technique nouvelle absolument incontournable aujourd’hui, que l’on a pu faire des choix tactiques pour arrêter ce feu à un moment où il allait potentiellement occuper les deux beffrois. Les drones ont permis d’engager correctement les moyens dont on disposait.

À la télévision de France Info, le lieutenant-colonel José Vaz de Matos, du service inspection des patrimoines des sapeurs-pompiers, a déclaré aux journalistes que si le beffroi nord, fragile, aurait pris feu, la cathédrale aurait pu s’effondrer. Huit cloches sont soutenues par un treillis en bois dans le beffroi nord, deux bourdons massifs dans le beffroi sud ; l’effondrement de ceux-ci aurait pu faire tomber les tours et la cathédrale, a-t-il déclaré.

Un porte-parole de DJI France a déclaré à la C-Drone Review :

Si nos outils ont pu jouer même un petit role, c’est surtout le professionalisme, les compétences acquise en formation et la bravoure des pompiers qui ont empêché ce feu de détruire complètement la cathédrale.

Quatre cents pompiers ont combattu l’incendie pendant neuf heures, puisant leur eau directement dans la Seine, tout en veillant à ajuster le débit en dessous du maximum pour éviter de surcharger les arches voûtées du plafond de pierre sous l’effet d’une trop grande quantité d’eau.

Le gouvernement, les riches familles françaises et les grandes entreprises se sont déjà engagés à verser plus de 850 millions d’euros (960 millions de dollars) pour la reconstruction de la cathédrale médiévale. Le président Emmanuel Macron espère qu’il sera achevé à temps pour les Jeux olympiques de 2024.

Notre-Dame de Paris a été construite aux XIIe et XIIIe siècles et son grenier en bois (au-dessus des voûtes en pierre et sous le toit en plomb) s’appelait la « forêt » en raison du grand nombre de troncs d’arbres datant du XIIe siècle. Il y avait à l’origine une flèche d’horloge du XIIIe siècle sur le transept, qui a été démantelé juste avant la Révolution ; au XIXe siècle, l’architecte Eugène Viollet-le-Duc ajouta une grande et mince flèche en bois et en plomb. Le feu semble avoir pris naissance dans l’échafaudage érigé l’année dernière autour de la base de la flèche. Lorsque la flèche s’est effondrée, son poids de plus de 500 tonnes a percé deux des voûtes de la cathédrale et il a plu de plomb dans la nef et le choeur, empêchant les pompiers d’entrer. La brigade a envoyé un robot motorisé de Shark Robotics appelé « Colossus » pour inspecter l’intérieur pendant l’incendie, une autre innovation technologique.

Les pompiers utilisent de plus en plus les c-drones équipés de caméras visuelles et thermiques comme solution efficace de connaissance situationnelle. Les pompiers de New York a déployé ses premiers drones il y a plusieurs années. Fotokite, une entreprise suisse ayant des bureaux à Syracuse, dans l’État de New York, a présenté la semaine dernière une solution de drone « cerf-volant » captive proposée par Pierce Manufacturing, un des principaux fournisseurs de véhicules d’urgence.