FlySafe de Air Space Drone permet aux contrôleurs aériens de Monaco et de France de surveiller les drones et les hélicoptères dans l'espace aérien à basse altitude. Image : ASD

Monaco lance le système de gestion du trafic des c-drones FlySafe de Air Space Drone

Matériels & systèmes Passagers • taxi volant Politique • règlements • espace aérien

La Principauté de Monaco a lancé un système de gestion du trafic des aéronefs sans pilote (UTM), avec une surveillance régulière des vols de c-drones par le contrôle du trafic aérien à partir du 17 juin. Lors d’une démonstration dans le cadre d’une conférence de presse le 3 juin, un drone a simulé une livraison à un navire en haute mer, transitant par les espaces aériens monégasque et français et évitant les hélicoptères via la plate-forme FlySafe d’Air Space Drone. ASD a expliqué les fonctionnalités du système, composé de dispositifs matériel de traçage embarquées à bord de c-drones, d’un serveur à interface Web pour les contrôleurs aériens et d’une application smartphone pour les opérateurs de drones. Monaco a annoncé son intention de développer prochainement un service régulier de taxi aérien autonome (voir notre entretien avec Françoise Derout, cofondatrice et présidente de ASD).

Monaco est une petite ville-État située sur la Côte d’Azur, entre Nice et la frontière italienne. La Principauté, réputée pour sa famille royale, le casino de Monte-Carlo et les courses de voitures de Formule 1, a une forte densité de population et fait face à un problème d’embouteillages. L’aéroport le plus proche pour les avions passagers se situe au-delà de la frontière, à Nice ; en raison de la petite taille de Monaco et de son relief accidenté derrière la ville, le seul équipement pour l’aviation est un héliport de 8 plate-formes d’atterrissage sur le frone de mer. Le trafic d’hélicoptères est intense, avec 80.000 passagers transportés depuis et vers l’aéroport de Nice Côte d’Azur en 35.000 mouvements par an — toutes les 15 minutes en moyenne pour un vol de sept minutes.

Le trafic de c-drones à Monaco est relativement léger, avec 500 vols par an, principalement par des professionnels ; le service postal monégasque vient d’effectuer sa première livraison par c-drone le 9 mai, avec l’expertise fournie par la start-up locale MC-Clic. Cela dit, l’utilisation de drones est en augmentation. Jusqu’à présent, les contrôleurs aériens utilisaient la technique de la séparation spatiale en maintenant les hélicoptères et les drones, ainsi que les drones et autres drones, à une distance minimale. Toutefois, des difficultés de communication avec les pilotes de drones, le volume élevé de trafic hélicoptère et le développement prévu de taxis aériens sans pilote ont incité Monaco à rechercher une solution intégrée permettant aux contrôleurs d’anticiper les conflits d’espace aérien drone-hélicoptère, communiquant par radio avec pilotes d’hélicoptère et par message électronique avec les pilotes de c-drone.

Bruno Lassagne, directeur de l’Autorité de l’aviation civile de Monaco, a déclaré :

FlySafe par Air Space Drone va désormais nous permettre :

  • Immédiatement, d’informatiser totalement le traitement des vols drones et de visualiser leurs trajectoires.
  • À court terme, de codifier et de sécuriser le « dialogue » entre contrôleurs aériens et télépilotes ; ce qui préfigurera les nouvelles méthodes de contrôles à mettre en place pour gérer les navettes télépilotées.
  • À moyen terme, grâce au développement des systèmes anti-collision embarqués, d’envisager de nouvelles méthodes de contrôle alternatives à la ségrégation d’espace.

FlySafe s’intègrera parfaitement dans le développement, en Principauté, du concept de Smart City … Désormais, l’usager comme l’autorité, utiliseront l’outil numérique FlySafe pour communiquer pendant toutes les phases d’un vol de drone en Principauté : demande d’agrément, délivrance des autorisations de vol, visualisation en temps réel des vols, archivage et visualisation des historiques de trajectoires. Et je serai assez fier lorsque que très rapidement on classera l’héliport de Monaco dans la catégorie des « Smart Airports ».

Françoise Derout, cofondatrice et présidente d’ASD, a déclaré :

Nous inaugurons bien plus qu’un système de gestion de trafic aérien en basse altitude. Nous posons les fondations d’une solution à un problème dont l’équation repose sur deux constats :

  • Le premier d’entre eux est que les milieux urbains saturés n’ont plus qu’un seul espace disponible pour se développer. Il s’agit de l’espace aérien.
  • À cela, s’ajoute un deuxième constat que d’ici 2050, plus des deux tiers de la population mondiale vivra en ville.

L’interface d’administration FlySafe pour les contrôleurs aériens a été présentée à la presse ainsi qu’aux représentants de l’ Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), de l’Agence de la sécurité aérienne de l’Union européenne (EASA), de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et d’Eurocontrol. Les pilotes de drones sont enregistrés et associés à un ou plusieurs systèmes de traçage d’ASD Electronic Identification & Tracking System (EITS) qui utilisent des réseaux cellulaires 4G et le GPS et sont alimentés par le drone hôte. Les espaces aériens sensibles tels que le Palais Princier sont configurés au format KML (Keyhole Markup Language) et superposés aux données cartographiques géographiques de Google. Ces zones peuvent être définies comme étant inertes (visualisation uniquement), géo-clôturées (entrée restreinte) ou géo-cagées (sortie restreinte). L’accréditation de vol est conservée au dossier et comprend le nom et les coordonnées d’un ou de plusieurs pilotes, une description technique détaillée de chaque c-drone avec son équipement de sécurité installé, ainsi que des informations connexes telles que le certificat d’assurance. Les plans de vol peuvent être dessinés sous forme de zones sur une carte (routier, topographie ou satellite). Une fois l’approbation du plan de vol communiquée au pilote distant et le décollage du drone, le contrôle de la circulation aérienne (ATC) dispose d’une vue cartographique en temps réel de la position, de la trajectoire, du numéro d’identification du drone, de son altitude et de sa vitesse. Les données de transpondeur ADS-B d’hélicoptères et d’autres aéronefs sont dans la même vue ; en cas de conflit potentiel dans l’espace aérien, le système alerte le contrôleur qui peut envoyer un message au smartphone à un pilote distant tout en parlant par radio au pilote d’un hélicoptère. Les données de chaque vol sont enregistrées et chaque seconde peut être consultée sur une carte avec l’heure, les coordonnées GPS, l’altitude et la vitesse. La trajectoire de vol enregistrée indique les parties problématiques en rouge (conflit avec un autre aéronef ou endroit géo-clôturé, survol faible des zones peuplées, altitude supérieure à celle autorisée) et peut être exportée au format KML ou GPX.

L’identification à distance des c-drones est largement considérée dans l’industrie comme un développement nécessaire pour l’intégration des drones dans l’espace aérien sous contrôle et, finalement, pour l’UTM automatisé. Le diable est dans les détails : les c-drones doivent-ils être conformes à une norme technique et logicielle ? Si oui, à quoi cette norme devrait-elle ressembler dans un secteur en rapide mutation ? La solution d’ASD permet de contourner le problème en ajoutant un dispositif de traçage matériel à chaque drone autorisé à voler et en fournissant une connaissance situationnelle des aéronefs avec et sans pilote à basse altitude.